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Le Clydesdale et ses qualités

Qu’il soit mâle ou femelle, un Clydesdale doit apparaître beau, lourd et puissant, avec cependant une légèreté joyeuse dans le maintien et l’apparence générale. Ceci afin qu’on ait une impression de qualité et de puissance plutôt qu’un effet grossier et massif.

“Pas de pied, pas de cheval” dit l’adage. Celui ci s’applique particulièrement dans le cas des concours de Clydesdale. Les juges attendent des pieds ouverts et ronds comme des maillets de maçons. Le haut du sabot doit être large et souple, sans aucune possibilité de duretés comme celles qui pourraient amener a la formation de forme coronaire ou d’ossification du cartilage. Les fanons sur les jambes sont une particularité esthétique de la race. Les juges anglais mettent plus l’accent sur l’aspect soyeux du poil, que ne le font les juges de l’autre coté de l’Atlantique. Les paturons doivent être longs et former un angle de 45 degrés depuis le haut du sabot jusqu’au boulet. Les membres antérieurs doivent être plantés solidement sous les épaules, et se positionner d’aplomb et droits, de l’épaule au boulet. Il ne doit pas y avoir d’espace au niveau des genoux, ni de tendance aux genoux de bœuf. Les membres postérieurs ne doivent également pas être trop éloignés l’un de l’autre, avec le haut des jarrets tourné plutôt vers l’intérieur que vers l’extérieur. Les cuisses doivent bien descendre au niveau des jarrets et les jambes doivent être d’aplomb et droites du jarret au boulet.

Un Clydesdale doit avoir un grand front ouvert, large entre les yeux, un profil droit, un large bout du nez et de grandes narines. Il doit avoir l’œil brillant et vif, de grandes oreilles et un long cou bien cambré qui jaillit d’une épaule oblique avec un haut garrot. Le dos doit être court et fort, et bien se prolonger jusqu’à la croupe. Ceci doit être associé avec une profondeur et une rondeur des côtes, telles les arceaux d’un tonneau. Les cuisses du cheval doivent être non seulement longues mais bien musclées. Après tout, il s’agit bien d’un cheval de trait.

Les couleurs les plus communes sont le bai et le bai brun avec des balzanes. On trouve occasionnellement des spécimens noirs, gris, alezans et rouans. Les marques blanches sont caractéristiques et c’est une exception que de voir un Clydesdale bai ou bai brun sans une tête blanche et des balzanes.

Au repos, un juge peut évaluer l’équilibre et la forme du cheval. Au pas et au trot, vers lui et en s’éloignant, un juge peut l’évaluer encore mieux. On doit observer l’action quand on regarde de l’arrière. A chaque pas, le pied est nettement soulevé du sol. L’action doit également être précise et sûre. La décision finale est fondée sur la sureté, la taille et l’action et non sur un système de points. C’est l’appréciation générale de l’animal dans sa totalité tel qu’il est présenté qui importe. La présentation ne suffit pas forcément à faire d’un animal moyen un champion, mais quelqu’un de soigné qui tient le licol peut faire ressortir les avantages d’un cheval, pour le plaisir des spectateurs et la fierté du propriétaire.

Les standards détaillés de la race

  • L’uniformité du type a longtemps été une caractéristique essentielle du Clydesdale. Il n’y a pas de race de chevaux lourds aussi célèbre pour sa qualité, la netteté de ses articulations, la dureté de ses os, la sureté et la stabilité de ses jarrets, la longueur et la pente de ses paturons. Quand a l’action, le Clydesdale reste sans rival. L’apparence générale du Clydesdale peut être évaluée lorsque le cheval est dans la position optimale qui fait qu’il se repose de façon égale et sur chaque jambe. Le Clydesdale est également observé lorsqu’il est en mouvement, au pas et au trot. Les caractéristiques recherchées sont les suivantes:
  • Le Clydesdale doit mesurer aux alentours de 1,70m. Lorsque le cheval a atteint sa taille adulte, il doit être stable et équilibré. Vu de coté, son corps doit être d’une envergure profonde, et doit apparaitre large et épais depuis l’avant ou l’arrière. L’envergure du corps, par le poitrail et la longueur de jambe doit être approximativement la même. De telles proportions permettent au poids du Clydesdale d’être utilisé à son meilleur avantage.
  • La qualité d’un cheval s’observe surtout par les os, la peau et les poils. Sa structure générale doit également témoigner d’un degré de supériorité. Les os du Clydesdale doivent être durs et denses, avec une structure cellulaire forte et compacte. Les poils ou les fanons le long des canons sont une indication de la qualité des os. Ils doivent être longs, fins et raides.
  • La tête du Clydesdale doit être proportionnée par rapport au corps. Elle peut être soit droite soit présenter un léger nez romain. Le bout du nez doit être assez fin plutôt que d’avoir des lèvres épaisses. Celles ci doivent se rejoindre de façon égale, avec des narines largement ouvertes. Les yeux doivent être plus ovales que ronds, proéminents, assez larges, avec des paupières fines et lisses. Lorsque l’iris est incolore, l’œil apparait blanc avec un iris bleu. La vue d’un cheval avec cette caractéristique est tout aussi bonne que celle d’un cheval avec un iris foncé. Il doit y avoir un large espace entre les yeux et le front doit être légèrement arqué, et se resserrer au dessus des yeux vers la nuque. Les oreilles doivent être pointues, d’une taille moyenne et d’une texture fine. Elles doivent être recouvertes de poils fins.
  • L’encolure doit être d’une longueur moyenne, musclée mais pas trop épaisse, cambrée et bien dans le prolongement de l’épaule. La tête doit être positionnée à angle droit par rapport au cou. Une belle tête, un bon cou et de bonnes épaules témoignent d’une qualité certaine, et donnent une  apparence extérieure positive à l’animal.
  • Les épaules doivent être légèrement voutées et permettre un espace suffisant pour le collier. Elles doivent être assez larges, bien musclées. Le haut des épaules doit être ramené en s’affinant vers le dos. Les bras du Clydesdale sont relativement courts, larges et musclés. Ceci place les jambes suffisamment sous le corps pour atteindre la position et l’action désirées. Le genou, vu de l’avant doit être large et plat, s’affinant vers le canon. Vu de coté, il doit être droit depuis l’épaule jusqu’au boulet. Les tendons à l’arrière du genou doivent contribuer à donner de la profondeur et de la force.
  • Les canons des membres antérieurs doivent être longs, minces et plats vus de cote. Les tendons doivent être largement visibles. Les longs poils, ou fanons doivent jaillir de l’arrière des tendons, et non des cotés du canon. Ils doivent être doux au toucher et raides. Le boulet doit être large, vu de coté, et étroit vu de devant ou derrière. Les paturons doivent être relativement longs et penchés, pour alléger la pression pendant l’action.
  • Le pied doit être sûr et en bonne santé. Un bon sabot, avec des talons larges et ouverts et des cuisses puissantes sont préférables, pour empêcher le cheval d’avoir une tendance à l’instabilité. Les pieds doivent être consciencieusement examinés très tôt, lorsque l’animal est encore un poulain, jusqu’à ce qu’il atteigne l’âge adulte.
  • Le poitrail du Clydesdale doit être profond, bas et large en taille. Ceci démontre une constitution solide, avec largement assez de places pour les organes vitaux. Le dos doit être court, large, solidement soutenu et légèrement incliné vers le haut vers la croupe. Les reins doivent être courts, larges et très musclés. Cette portion du dos doit être courte et la plus large possible. Les côtes doivent être longues, bien tendues et rapprochées les unes des autres.
  • Les flancs doivent être bas et pleins.
  • Les cuisses sont la principale source de puissance motrice. Les hanches doivent être larges et bien musclées mais harmonieuses et bien proportionnées par rapport au reste du corps. La croupe doit être longue, vue de coté, large vue de derrière, avec une cambrure depuis les hanches jusqu’a l’attache de la queue. C’est important que la queue soit attachée assez haut.
  • La cuisse doit être courte mais puissamment musclée. Le jarret est une des parties les plus importantes du cheval. En effet, c’est sur cette articulation que les muscles s’appuient pendant l’action. Le jarret doit être large vu de coté et étroit vu de l’avant. La pointe du jarret dans son ensemble doit être solidement soutenue par un large canon lorsque vue de coté. Les jarrets doivent être légèrement tournés, et proches l’un de l’autre. Le canon doit être droit, et non déformé lorsque vus de l’arrière. Les jarrets ne doivent pas présenter d’enflure ni de gonflement.
  • Les canons avants et arrières doivent être larges vus de coté et fins vus de l’avant. Ils doivent être perpendiculaires, bien alignés avec les cuisses. Les boulets avant et arrière doivent être larges. Les paturons arrières doivent être moins obliques que ceux des antérieurs. Les pieds arrière sont plutôt plus petits que les pieds avant, moins ronds mais avec de bons sabots et des talons larges et ouverts.
  • Les membres doivent être bien soudés au corps, non pas a l’extérieur des cuisses mais bien en dessous, afin que les muscles des cuisses se projettent plus largement. Le bout des pieds arrière doit être légèrement ouvert vers l’extérieur. Il doit y avoir une bonne distance depuis la pointe du jarret jusqu’au sol.
  • L’action du Clydesdale doit être uniforme. L’action des antérieurs et des postérieurs doit se faire à l’unisson. Les pieds arrière doivent être aussi solidement plantés vers l’avant que les pieds avant. Ces derniers doivent être avancés de façon uniforme et synchronisée. Au pas, le pied arrière doit au minimum couvrir l’empreinte du pied avant. Les pas trop courts sont un défaut chez le cheval qui travaille. Les jarrets doivent être légèrement tournés vers l’intérieur. Lorsqu’il trotte le Clydesdale doit plier les jambes au niveau des genoux et des jarrets. Vu de l’arrière, l’intérieur des sabots doit être visible à chaque pas.

Le Clydesdale moderne

Le Clydesdale des années 1990 diffère de celui des années 1800 seulement par le fait qu’il a plus de poils blancs apparents. Le cheval a été “créé” par des éleveurs qui ont de temps en temps injecté des lignages nouveaux dans l’arbre généalogique de la race.

Bien que les races Clydesdale et Shire (le Shire étant le comté anglais équivalent du Clydesdale) aient souvent été croisées, avec des avantages pour les deux races; il est aujourd’hui très facile de différencier l’une de l’autre en présence d’un beau spécimen. Les éleveurs de Clydesdale utilisaient la race Shire pour obtenir une  taille plus grande et  les balzanes qu’on connait aujourd’hui. Quand ces détails furent perfectionnés, la race Shire utilisa le Clydesdale pour affiner sa taille et obtenir des fanons plus soyeux, ainsi que pour se débarrasser de problèmes de peau que le Shire avait développée sur le bas des jambes.

La génétique n’étant pas une science exacte, et au fur et à mesure que plus de blanc était introduit dans la race, les poils blancs se retrouvèrent parfois sur le corps du Clydesdale, pour donner un animal rouan. Les puristes critiquèrent ces spécimens, disant que seule une vraie couleur profonde était valable. Mais la plupart des gens aujourd’hui pensent qu’un bon cheval ne peut avoir une mauvaise couleur. Les chevaux rouans et ceux avec des taches blanches sur le corps sont donc acceptés.

Les chevaux aujourd’hui sont plus grands que leurs homologues originaux. Il n’est pas rare de voir des spécimens de 1,72m et plus. Ceux ci ne sont pas des grands animaux gauches. Le Clydesdale est un cheval de qualité, avec une tête fine, des yeux intelligents, un pas sûr et une fluidité dans ses mouvements. Ils ont le plus merveilleux des caractères, de bonne volonté, et ils personnifient exactement l’expression “gentils géants”.

Sources: The Clydesdale Horse Society / The Commonwealth Clydesdale Horse Society of Australia
Traduction: Maud Vergé/Aurore Moigneau